The GEF Small Grant Programme

Module de sensibilisation aux POP

Lire, s’informer et tester ses connaissances sur les POP

Chapitre VI: Études de cas : Actions locales ; Résultats mondiaux

Si les types de projets, effets et indicateurs signalés au Chapitre V ne sont en aucun cas exhaustifs, ils indiquent des directives sur la façon dont les projets locaux peuvent permettre d’atteindre les objectifs de la Convention de Stockholm et du FEM et obtenir de la sorte des résultats sur le plan mondial.

Depuis 2002, le PMF a financé plus de 160 projets POP et a acquis une expérience considérable dans les domaines de la gestion de déchets et pesticides, de l’agriculture durable, la sensibilisation et la création de capacités en matière de prévention, réduction et élimination de l’utilisation des POP. Il existe nombre d’exemples de la façon dont les populations et ONG procèdent. Voici quelques illustrations d’actions des populations et ONG couronnées de succès :

GESTION DES DÉCHETS

1. Gestion de déchets visant à réduire le besoin de brûlage des plastiques, Guantanamo, Cuba.

Figure 1.1. Les déchets étaient auparavant déversés puis brûlés, Guantanamo, Cub
Figure 1.1. Les déchets étaient auparavant déversés puis brûlés, Guantanamo, Cub
Le Centro Ecológico de Procesamiento de Residuos Urbanos (CEPRU, centre écologique de traitement des déchets municipaux) a démarré ce projet dans le quartier de Isleta Sur à Guantanamo, Cuba, afin de contribuer à réduire les dioxines et furannes produits par une décharge voisine. La décharge recevait en moyenne 150 tonnes quotidiennes de déchets solides qui étaient brûlés sans aucune surveillance et produisaient des émissions qui affectaient la population locale. Selon le Ministre cubain des sciences, technologies et de l’environnement, la combustion contribuait pour 6 % aux émissions de dioxines et furannes dans l’atmosphère dans cette province. Le Centre a donc engagé un processus de tri des déchets, qui a permis d’en tirer différents usages économiques, les matières organiques étant par exemple transformées en compost. Le CEPRU a travaillé avec une quarantaine de membres de la population locale (dont environ 20 femmes) afin de réduire la matière organique en compost et de reboiser environ 3 hectares, créant ainsi des espaces verts, jardins et un terrain de jeu, tout en impliquant la communauté dans son ensemble. Cette pratique a ainsi virtuellement éliminé la production de dioxines et furannes, ce qui a permis une diminution de 6 % des émissions dans l’atmosphère et une amélioration de la qualité de vie d’environ 566 membres de cette communauté. Le projet a ainsi été nommé en 2006 pour le prix de l’Administrateur du PNUD pour l’Innovation et la Créativité. Le succès du projet continue de contribuer à la sensibilisation aux POP sur le plan national et mondial, par le biais du réseau de développement du PNUD, du réseau de partenaires du PMF, et enfin d’une émission de CNN

Évaluation du projet :

Figure 1.2. Groupe de femmes travaillant au recyclage des déchets
Figure 1.2. Groupe de femmes travaillant au recyclage des déchets
La réussite du projet CEPRU peut se mesurer par le fait qu’il a contribué à une réduction substantielle des émissions de dioxines et furannes, mais aussi parce qu’il a impliqué, de façon efficace et créative, les populations avoisinantes dans le tri des déchets, le compostage, la reforestation et la création d’espaces verts récréatifs. La créativité et l’innovation du projet lui ont ainsi valu l’attribution en 2006 du prix de l’Administrateur du PNUD pour l’Innovation et la Créativité. Les leçons retenues sont partagées dans le réseau mondial du PMF. Du fait de son succès, le projet est désormais également reproduit en Jamaïque.

Ce projet a contribué avec succès à la mise en œuvre de l’Article 5 de la Convention de Stockholm : mesures visant à réduire les rejets de POP produits de façon non-intentionnelle. Ce projet a répondu aux effets attendus de l’OP14 en matière de : renforcement de la capacité en termes institutionnels et de ressources humaines pour la gestion des POP ; alternatives sûres et efficaces aux POP, gestion respectueuse de l’environnement, stockage et élimination des POP avec des indicateurs supplémentaires d’effets, dont l’implication des femmes, des enfants, des moins instruits et d’autres groupes marginaux.

2. Réutilisation de vieux pneus automobiles pour créer des espaces de jeux pour enfants dans le village de Um Nasser, au nord de la ville de Bait Lahia, Nord Gaza, Palestine.

Figure 2.1. Enfants jouant sur le terrain de jeux réalisé à partir de vieux pneus, Palestine
Figure 2.1. Enfants jouant sur le terrain de jeux réalisé à partir de vieux pneus, Palestine
L’ONG Benevolent Community Center Associatione de Bait Lahia à Gaza en Palestine a reçu un soutien du PMF du FEM pour un projet visant à récupérer et réutiliser les vieux pneus qui seraient autrement susceptibles d’être brûlés et rejetteraient ainsi des POP non intentionnels dans l’environnement.

Ce projet, toujours en cours, est un projet témoin conjoint sur les POP et le changement climatique, visant à minimiser les dégâts sur le plan de l’environnement causés par la combustion de vieux pneus automobiles. Il présente la façon dont il est possible de réutiliser ces pneus pour créer un terrain de jeux pour enfants dans le village de Um Nasser au nord de Bait Lahia, ville du nord de Gaza, près de la frontière avec Israël. Le projet va installer un terrain de jeu pour enfants de 100 mètres carrés dans le village de Um Nasser. Il consiste notamment à équiper le terrain d’installations construites à partir de vieux pneus et par ailleurs à aménager le parc et à planter des arbres.

Le projet mène des activités de sensibilisation de la population, par le biais de réunions, campagne de collecte des pneus et distribution de brochures. Cette campagne a pour objet de promouvoir une réutilisation respectueuse de l’environnement des pneus usagés. Outre la réduction des émissions de POP produits de façon non-intentionnelle, tels que dioxines et furannes, cette campagne réduit les rejets de gaz à effet de serre et d’autres polluants tels que : oxyde de plomb, zinc cadmium, N2 (diazote), HCL (Acide chlorhydrique) et SO2 (dioxyde de soufre), qui causent des dégâts sur la santé humaine, contribuent au réchauffement de la planète et polluent les eaux souterraines du monde entier.

Évaluation du projet :

La réussite de ce projet à soutenir deux des domaines d'intervention FEM en matière de changement climatique et POP est admirable. Une telle innovation peut avoir un effet tout à fait positif sur d’autres populations et répondre simultanément à de nombreux défis concernant l’environnement, par des stratégies créatives et innovations d’un bon rapport coût-efficacité. Ce projet démontre également la capacité des populations à travailler ensemble et à avoir en outre un impact positif sur la vie des enfants. Les informations concernant les réussites du projet sont diffusées par le réseau mondial du PMF du FEM.

Ce projet contribue avec succès à la mise en œuvre de l’Article 5 de la Convention de Stockholm : mesures visant à réduire et éliminer les rejets de POP produits de façon non-intentionnelle (la combustion à l'air libre de pneus est une source de POP incluse à la liste de l’Annexe C Partie III) et de l’Article 10. information, sensibilisation et éducation du public.

Le projet répond aux effets attendus de l’OP14, dont : le renforcement des capacités au niveau institutionnel et humain pour la gestion des POP et le développement d’alternatives au POP, sûres et d’un bon rapport coût-efficacité. Le projet atteint d’autres résultats capitaux, dont une augmentation en termes d’informations, de sensibilisation du public, de connaissance et de capacités sur les POP ; une contribution à la réduction et à l’élimination des rejets de POP produits de façon non-intentionnelle ; l’implication des femmes, des enfants et des moins instruits et autres groupes marginaux ; les synergies avec d’autres domaines d'intervention FEM ; ainsi que d’autres stratégies créatives avec les populations locales, ONG et associations locales, visant à réduire et éliminer les POP et contribuant à la mise en œuvre efficace de la Convention de Stockholm.

3. Gestion de déchets médicaux, Roumanie

Figure 3.1. Élimination de déchets médicaux  avant le projet, Roumanie
Figure 3.1. Élimination de déchets médicaux avant le projet, Roumanie
Il s’agit ici d’un projet pilote visant à instaurer les meilleures pratiques de réduction des émissions de POP générées par l’incinération de déchets médicaux. Toutes les activités du projet sont en lien direct avec notamment : réduction, réutilisation et recyclage des déchets médicaux, municipaux et industriels et présentation des approches de portée locale pour la réduction
Figure 3.2. Gestion de déchets médicaux mise en pratique, Roumanie
Figure 3.2. Gestion de déchets médicaux mise en pratique, Roumanie
et l’élimination des POP notamment par le biais de produits, procédés et pratiques alternatifs, présentation des POP, renforcement des capacités parmi les populations et les ONG et enfin, sensibilisation.

Le projet a ainsi développé un plan d’incinération des déchets médicaux et a mis en œuvre le plan au sein de l’hôpital de Pneumo-phtisiologie de Constanta, apportant un témoignage de la méthode proposée. Parmi les activités se trouvaient également le développement et la diffusion d’informations et le renforcement des capacités en matière de gestion des déchets médicaux, dont l’élimination de ces déchets médicaux, axée sur la réduction et l’élimination des POP, conformément à la Convention de Stockholm et au Plan national roumain de mise en œuvre.

GESTION DES PESTICIDES

4. Re-conditionnement des pesticides périmés dans le district Borisovskiy de la région de Minsk, Biélorussie

Figure 4.1. Stockage dangereux de pesticides périmés, Biélorussie
Figure 4.1. Stockage dangereux de pesticides périmés, Biélorussie
L’ONG Ekosfera, de la République du Bélarusse a reçu un soutien du programme PMF du FEM pour un projet visant à re-conditionner les pesticides périmés de Borisovskiy dans la région de Minsk. Parmi les activités du projet se trouve notamment l’inventaire des stocks de pesticides périmés de Borisovskiy. Le projet a mis en évidence un entrepôt et l’a réhabilité. Ce sont environ 200 tonnes de pesticides périmés qui ont ainsi été re-conditionnées en vue d’un stockage sûr. Il s’agissait en outre de nettoyer les sols de l’entrepôt même et des abords de celui-ci. Le projet comprenait notamment la présentation, le renforcement des capacités, la mise en réseau et une discussion autour de la politique menée. Parmi les activités de sensibilisation se trouvait également la production de matériels d’information, dont des brochures et affiches, ainsi qu’un séminaire d’information.

Évaluation du projet :

Figure 4.2. Pesticides re-conditionnés, Biélorussie
Figure 4.2. Pesticides re-conditionnés, Biélorussie
Le projet Ekosfera a contribué à identifier avec succès les stocks de pesticides périmés et à les stocker en toute sécurité, limitant par conséquent l’exposition aux pesticides des populations et de l’environnement. L’assainissement de l’environnement en matière de contamination aux pesticides a également diminué l’exposition aux pesticides POP. La diffusion de matériels éducatifs sur les pesticides a par ailleurs conduit à une augmentation de la sensibilisation aux dangers induits par les pesticides périmés. Il est important de noter que du fait des capacités limitées en matière scientifique et technique des petites ONG, le projet n’a pu permettre d’identifier quels POP spécifiques de la liste de la Convention de Stockholm faisaient effectivement partie des pesticides périmés. Dans la mesure où les menaces qui pèsent sur les populations sont élevées et où la capacité à identifier les POP spécifiques est faible, PMF-Biélorussie a choisi une approche de précaution, afin d’agir sur les grandes quantités de pesticides périmés et a obtenu d’excellents résultats dans la réduction de l’impact direct sur la santé des populations locales. Le projet partait du postulat que les pesticides périmés mélangés contenaient des quantités indéterminées de POP de la liste de la Convention de Stockholm.

Partant du postulat selon lequel des POP faisaient partie de ces stocks, le projet a ainsi contribué avec succès à la mise en œuvre de l’Article 6 de la Convention de Stockholm : mesures visant à réduire et éliminer les rejets de POP issus des stocks et déchets et de l’Article 10 : information, sensibilisation et éducation du public en matière de POP

Ce projet a répondu aux effets attendus de l’OP14 en matière de : renforcement de la capacité en termes institutionnels et de ressources humaines pour la gestion des POP ; renforcement de la politique et des cadres réglementaires visant à faciliter une gestion raisonnée des POP et autres substances chimiques dans le respect de l’environnement et enfin la bonne mise en œuvre de gestion, stockage et élimination respectueux de l’environnement des stocks et déchets de POP. Il a par ailleurs contribué à la réduction et à l’élimination des rejets de POP issus des stocks et déchets, a amélioré l’information, la sensibilisation, la connaissance et les capacités en matière de POP et a étendu les échanges d’informations en la matière.

5. Gestion intégrée des nuisibles, reposant sur les populations locales, Pakistan

Figure 5.1. Des membres de la communauté locale sont formés à la gestion intégrée des nuisibles, Pakistan
Figure 5.1. Des membres de la communauté locale sont formés à la gestion intégrée des nuisibles, Pakistan

Ce projet, mené par des ONG dont Eco-conservation Initiatives (ECI) et Human Development Foundation (HDF, fondation pour le développement humain), DevCon, et soutenu par un financement du PMF a conçu un mécanisme visant à réduire l’utilisation des pesticides POP au Pakistan et encourager des alternatives à ces substances. Le Pakistan est très fertile pour les cultures de coton et ces dernières ont toujours été le fondement du Punjab et du Sindh, depuis des siècles. L’exploitation intensive du coton depuis les années 1970 a fait naître le problème des organismes nuisibles et a conduit à une utilisation abusive des pesticides, en termes de type ou quantité ; le DDT et l’heptachlore étant toujours utilisés aujourd’hui au Pakistan. L’utilisation des pesticides POP a conduit à la contamination de l’air, des sols et de l’eau dans la région.

Figure 5.2. Exploitation de coton sans POP au Pakistan
Figure 5.2. Exploitation de coton sans POP au Pakistan

Pour résoudre ce problème, un projet de gestion intégrée des nuisibles (IPM), reposant sur la population locale a été amorcé en 2005, afin d’introduire des méthodes alternatives pour lutter contre les organismes nuisibles, sans employer de pesticides POP. La stratégie clé du projet était de lutter contre les organismes nuisibles en faisant intervenir les ennemis naturels de ceux-ci. Les principales activités du projet comptaient ainsi la création d’insectariums pour la surveillance, l’étude, l’identification des nuisibles et l’élevage en masse et la protection d’insectes favorables à l’agriculture, dont Chrysoperla carnea (chrysope commune), Trichogramma chilonis et autres Coccinellides. Les sites-témoins, dans l’exploitation, ont été créés, pour tester et présenter des techniques d’IPM respectueuses de l’environnement. Pour assurer la durabilité du projet, celui-ci instaurait des capacités institutionnelles par l’installation d’une école pratique pour les agriculteurs et un module de formation pour la transposition des approches IPM dans d’autres populations.

L’un des résultats des activités de ce projet a été la réduction de l’emploi des pesticides POP dans les champs de coton. Les populations locales ont amélioré leurs connaissances et leur compréhension des impacts des pesticides POP et ont augmenté leurs capacités à mettre en œuvre des méthodes alternatives pour lutter contre les nuisibles. Recherche et conception solides de projet, exemples sur site, sensibilisation, partenariats institutionnels et implication multi-parties prenantes ont été les clés de la réussite du projet.

Évaluation du projet :
Ce projet a contribué avec succès à la mise en œuvre de l’Article 3 de la Convention de Stockholm : mesures visant à réduire ou éliminer les rejets de production et utilisation intentionnelles des POP, dont les pesticides et substances chimiques industrielles POP ; et de l’Article 10 : information, sensibilisation et éducation du public en matière de POP.

Ce projet a répondu aux effets attendus de l’OP14 en matière de renforcement de la capacité en termes institutionnels et de ressources humaines pour la gestion des POP ; réduction de l’utilisation des POP pour la lutte contre les vecteurs pathogènes, les termites et pour l’agriculture ; enfin développement d’alternatives aux POP, sûres et efficaces

AGRICULTURE DURABLE

6. Gestion intégrée de déchets agricoles, Macédoine

Figure 6.1. Exploitation maraîchère à Strumica, Macédoine
Figure 6.1. Exploitation maraîchère à Strumica, Macédoine

La région de Strumica en Macédoine est une base de production bien implantée pour les légumes de printemps et d’été, dont plus de 50 % sont produits sous des films de plastique (des jardins sous serres de plastique du sol à une hauteur moyenne). Ces films plastiques ont une durée de vie de 1 à 3 ans puis sont brûlés sur site, ce qui rejette des POP dans l’air. Le projet vise à réduire les POP, par un soutien à la collecte, au tri et au rachat des films plastiques employés (usés) auprès des agriculteurs, afin d’en éviter le brûlage, ce qui permet d’éviter le rejet de POP dans deux villages, Kuklis et Prosenikovo (dans la région de la ville de Strumica). Cela favorise par ailleurs un environnement plus sain, des bénéfices locaux et un auto-développement local.

Figure 6.2. Collecte de déchets plastiques issus de l’agriculture, Macédoine
Figure 6.2. Collecte de déchets plastiques issus de l’agriculture, Macédoine

Le projet a directement contribué à la réduction des émissions de POP par la diminution du brûlage des films plastiques usés et la baisse de combustion des bouteilles de plastiques de polyéthylènetéréphtalate (PET). Par rapport aux pratiques antérieures, le pourcentage de bouteilles de plastiques PET déversées dans les décharges s’élève de 50 à 75 %. Du fait de l’auto-inflammation dans les décharges, les plastiques et autres déchets combustibles qui brûlent rejettent respectivement des POP et de multiples polluants de l’air. Grâce à la mise en œuvre de ce projet, ce sont 7 000 tonnes de films plastiques usagés qui ont été collectées et qui n’ont donc pas été brûlées et n’ont pas rejeté de POP. 2 850 tonnes de bouteilles de plastique PET ont été collectées dont 50 % au moins auraient auparavant été brûlées et auraient donc rejeté des POP.

Évaluation du projet :

Ce projet promeut des pratiques de gestion de déchets issus de l’agriculture visant à éviter la production non-intentionnelle de POP par le brûlage de déchets de plastiques produits par les activités agricoles. Ce projet a contribué avec succès à la mise en œuvre de l’Article 5 de la Convention de Stockholm : mesures visant à réduire les rejets de POP produits de façon non-intentionnelle. En outre, ce projet améliore la qualité de vie des populations locales du fait du recyclage des déchets de plastique. Les expériences et pratiques tirées de ce projet sont actuellement à l’étude par d’autres donateurs internationaux, tel que l’USAID, pour transposition et montée en puissance.

7. Norme d’agriculture biologique pour un système d’agriculture durable, Thaïlande

Figure 7.1. Champ de soja sans substance chimique, Chiangmai, Thaïlande
Figure 7.1. Champ de soja sans substance chimique, Chiangmai, Thaïlande
Ce projet vise à réduire les POP par la présentation d’actions dans la communauté qui consistent à éviter l’application de substances chimiques et la promotion de l’agriculture biologique et de ses produits à Chiangmai et les provinces adjacentes. Le projet s’est vu attribuer 36 890,00 USD de la part du PMF FEM pour une durée de 2 ans et il en est déjà à plus de la moitié de son programme.

La majorité de la population de Baan (village) Donjiang, Tambol San Pa Tung, du district de Mae Taeng gagne sa vie par la production de soja, riz et légumes. Au cours des décennies précédentes, les substances chimiques sous forme de pesticides et engrais étaient très largement utilisées. Tout prête à penser que nombre de ces substances contenaient certainement des POP. Pratiquement tous les membres de ces populations avaient pour habitude d’utiliser des pesticides et substances chimiques qui ont depuis lors été bannis par la Convention de Stockholm. Aujourd’hui, cependant, 28 des 170 familles du village se présentent comme des agriculteurs bio et plusieurs d’entre elles ont obtenu des certifications d’agriculture biologique..

Des expériences issues de ce projet ont été partagées avec des membres de l’institut suisse de recherche agricole et le bureau national de l’alimentation et des normes pour les produits agricoles. Ceci crée une sensibilisation toujours plus importante des activités de projet et sera à même d’améliorer les opportunités de co-financement pour de futures activités de projet.

Évaluation du projet :
Ce projet est toujours en cours, mais de premiers résultats ont déjà été obtenus. Il contribue à la mise en œuvre de la Convention de Stockholm par l’introduction de pratiques agricoles alternatives au sein des populations locales. Non seulement le projet promeut la non-utilisation de substances chimiques dans ces Communautés, mais il produit également des retours financiers. Ce projet ne met cependant pas en évidence quels pesticides POP spécifiques ont été évités.

SENSIBILISATION ET RENFORCEMENT DES CAPACITÉS

8. Mise en œuvre de la Convention de Stockholm à Grassroots Level, Tanzanie

Figure 8.1. Stocks de poudre de DDT à Old Korogwe, Tanzanie
Figure 8.1. Stocks de poudre de DDT à Old Korogwe, Tanzanie
Le principal objectif du projet était de permettre aux fermiers de base et agriculteurs paysans en Tanzanie de mettre effectivement en œuvre la Convention de Stockholm ainsi que d’autres Conventions portant sur les substances chimiques. Le projet se concentre sur les plus grandes zones agricoles, le sud (Iringa et Ruvuma), l’ouest (Tabora, Kagera et Kigoma) et le nord (Kilimandjaro et Tanga). Ces régions comptent en effet parmi les plus grands utilisateurs de substances chimiques et pesticides en Tanzanie.

Le projet menait la formation des populations locales et de la société civile sur les POP et leurs effets, notamment dans les communautés dans lesquelles le DDT a été utilisé dans l’agriculture. La formation était centrée sur la façon dont il convient de surveiller et de rapporter si l’utilisation de DDT se fait conformément aux directives de l'OMS. Le projet avait pour but d’éduquer les populations à des approches plus sûres qui ne remettent pas en cause l’utilisation du DDT comme moyen de lutte intégrée contre les vecteurs pathogène (IVM) mais qui emploient le DDT avec méfiance.

Figure 8.2. Cuves d’aldrine dans une ferme semencière d’Arusha, Tanzanie
Figure 8.2. Cuves d’aldrine dans une ferme semencière d’Arusha, Tanzanie
À l’issue du projet, trois projets pilotes de gestion intégrée des pesticides ont été développés. Le projet a développé des matériels de formation, a mené la formation de 45 associations locales et a conduit 3 programmes télévisés et 3 programmes de radio pour la sensibilisation autour des sites du projet. Le projet a amélioré de façon significative la sensibilisation à ces questions au sein des communautés et des ONG.

Évaluation du projet :

Le projet soutien l’Article 10 de la Convention de Stockholm, dans la mesure où il a apporté des informations éducatives et une formation aux communautés. Les activités de projet facilitent la mise en œuvre de l’article par la sensibilisation et l’apport d’alternatives visant à réduire l’utilisation de pesticides POP.

L’Article 11 de la Convention de Stockholm encourage les entreprises de recherche adaptée, le développement et la surveillance en matière de POP, les alternatives à ces derniers et les autres candidats POP. L’Article 8 et les paragraphes 6 et 7 établissent que les observateurs sont invités à faire leurs commentaires techniques sur les profils de risque et à donner des informations sur les considérations sociales et économiques relatives aux nouveaux POP. Des activités sont menées afin d’atteindre les objectifs anticipés des articles 8 et 11.

Parmi les résultats du projet, sont à noter le développement de matériels de formation, la formation effective de 45 communautés, associations locales et personnels d’extension et le développement de la sensibilisation du public sur les différentes conventions, par les programmes de radio et télévision. Le projet a également permis d’améliorer la sensibilisation des populations aux POP par les outils et médias précédemment cités.

Pour en savoir plus sur d’autres projets ou cas
Les études de cas ci-dessus ne sont que quelques exemples parmi les nombreuses contributions des ONG et associations locales à la mise en œuvre de la Convention de Stockholm et les résultats mesurables auxquels elles parviennent. Ces projets et d’autres (dont transposition de projets) créent les bases pour des réductions et éliminations actuelles et futures des POP et contribuent collectivement à la réduction des POP dans l’environnement mondial.

Vous trouverez plus d’informations sur les exemples de projets présentés ici et sur d’autres études de cas ou encore sur les projets à l’instigation des communautés locales et ONG sur :

Page Internet du PMF concernant les POP :: http://sgp.undp.org/index.cfm?module=Projects&page=AdvancedSearch

Site Internet de l’IPEP : http://www.ipen.org/ipepweb1/index.html
 
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VI Quiz de récapitulation:

  1. Comment l’ONG « Benevolent Community Center Association » en Palestine a-t-elle réussi à développer un projet fructueux de réduction et élimination des POP ?
    1.   En récupérant les matières avant qu’elles ne soient brûlées
    2.   En développant des alternatives aux POP sûres et d’un bon rapport coût- efficacité
    3.   En impliquant des groupes marginalisés
    4.   En atteignant l’objectif escompté de l’OP14 en matière d’augmentation de l’information, de sensibilisation et de connaissance du public
    5.   Toutes les réponses ci-dessus
  2. Quelles études de cas sont des exemples de projets locaux qui ont soutenu l’Article 5 de la Convention de Stockholm (mesures visant à réduire ou éliminer les rejets de POP produits de façon non-intentionnelle, dioxines, furannes, PCB et HCB) :
    1.   Gestion intégrée des nuisibles, reposant sur les populations locales, Pakistan
    2.   Transformation réussie d’une décharge de déchets solides en un jardin et un espace populaire, Guantanamo, Cuba
    3.   Mise en œuvre de la Convention de Stockholm à Grassroots Level, Tanzanie
    4.   a et b
  3. Quels sont les éléments clés pour la réussite du projet IPM au Pakistan, reposant sur la population ?
    1.   Conception intégrée du projet ;
    2.   Implication de multiples parties prenantes ;
    3.   Demande internationale réduite pour les produits à base de coton contaminé ;
    4.   a et b
    5.   a, b et c
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Contributeurs
 Chapitre 1: Les douze substances les plus polluantes et leurs caractéristiques
 Chapitre 2: Sources et utilisation des POP
 Chapitre 3: Impacts des POP sur la santé et l'environnement
 Chapitre 4: Institutions et politiques mondiales de réduction et élimination des POP
 Chapitre 5: Engager la puissance des ONG et communautés locales
 Chapitre 6: Études de cas : Actions locales ; Résultats mondiaux
 Chapitre 7: Possibilité pour les Coordonnateurs et Comités de pilotage nationaux de fournir des résultats dans le domaine d’intervention des POP
 Quiz final: Auto-test de sensibilisation aux POP
Références rapides et Informations supplémentaires